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Il n’est pas rare que Dieu se révèle en profondeur à certaines âmes dans la nuit de Noël comme ce fut le cas de Ste Thérèse de l’Enfant Jésus lorsqu’elle avait 14 ans.

Emmanuel nous livre son témoignage touchant d’une nuit de Noël où Dieu  fit irruption dans sa vie.

NOËL 1986
« Je m’appelle Emmanuel. Je suis né en France en mai 1968. Premier né d’une fratrie de trois enfants, j’ai reçu une éducation catholique : un peu de catéchisme, un peu de scoutisme, la messe du dimanche… Mais Dieu, pour moi, n’était qu’une histoire parmi d’autres.
Mon grand-père Joseph était un personnage extraordinaire que j’aimais comme un père. Avec lui, j’ai appris à pêcher, chasser, faire du feu, tirer au fusil… C’était un homme très croyant, avec une grande dévotion pour la Vierge Marie. En voyage, il se signait devant chaque calvaire. En entrant dans une église, il se découvrait. Dans la maison familiale, il avait acheté des cierges et m’avait confié qu’il espérait que quelqu’un penserait à les allumer après sa mort. Je devais avoir moins de dix ans, mais je n’ai jamais oublié cette demande. Pas plus que je n’ai oublié sa mort, en juin 1982. J’avais tout juste quatorze ans. Noël 1986. C’est l’année de mes dix-huit ans. Nous sommes à Vincennes, dans la famille de maman. Comme à chaque réunion familiale, le dîner n’en finit pas. Mon cousin Marc, de dix ans mon aîné, me propose de sortir prendre l’air et me montrer le saxophone qu’il vient de s’offrir. Dans son petit appartement, à quelques rues de là, il me parle de Dieu. Il a récemment rencontré les évangélistes de Billy Graham, et sa foi est enthousiaste, communicative. Pour la première fois de ma vie, quelqu’un me parle d’un Dieu qui semble… vivant.

Cette nuit est éclatante, une rencontre foudroyante. Marc ne s’en ren- dra pas compte sur le moment, mais c’est la nuit où j’ai rencontré Dieu. Une joie immense m’a envahi, me transformant de l’intérieur. L’impression de ne plus toucher terre. La certitude d’exister, et de compter pour quelqu’un. C’était merveilleux. Magnifique. Puissant.
Sur le chemin du retour, sur l’autoroute qui nous ramène dans notre banlieue, je demande à maman si nous avons une Bible à la maison. Elle me répond que oui, évidemment, nous en avons une. Arrivés à la maison au beau milieu de la nuit, chacun se presse vers sa chambre pour se coucher. Je marche dans les pas de mes parents et, avant que la porte de leur chambre ne se referme, je redemande la Bible. Maman râle un peu : cela peut attendre demain. Mais elle finit par ouvrir un grand placard, grimpe sur un tabouret, et attrape une grosse Bible derrière une pile de linge. Je file dans ma chambre et ouvre la première page de cette Bible de Jérusalem. Une écriture fine orne la page de garde :
“ À Michel et Marie-France, pour mon petit-fils Emmanuel . À lui remettre le jour de ses 21 ans, de la part de son grand-père. ” J. du J. (maison familiale) 11 août 1968, baptême d’Emmanuel.

J’étais bouleversé. Sidéré. Dieu est donc tout-puissant. Un cadeau peut traverser la mort et le temps. Ainsi, un grand-père peut parler à son petit-fils, quatre ans après sa mort, et lui offrir le plus beau des
présents : la parole de Dieu, le jour même où ce petit-fils rencontre Dieu, une nuit de Noël.

Je repose la Bible. Impossible de dormir. (…) Cette nuit sera le commencement d’une nouvelle vie. »