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Méditation de cinq mystères :

1) Le coup de lance   2) La pietà   3) La mise au tombeau   4) La descente aux enfers   5) L’Espérance en Marie

1) Premier mystère : le coup de lance

« Les juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes. Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l’autre homme crucifié avec Jésus. Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau. » (Jn 19, 32-34)

Jésus meurt au moment où l’on tue les agneaux qui seront mangés le soir, le sabbat convergeant cette année-là avec la fête de la Pâque. L’eau et le sang, jaillissant du coup de lance, ont été interprétés par la tradition comme étant les symboles des sacrements. Les deux forment l’eau-vive, symbole de l’Esprit-Saint. De nombreuses représentations de la scène montrent des anges recueillant le sang précieux dans des coupes.

Sainte Thérèse confie : « un jour en regardant une image de notre Seigneur en croix, je fus frappée par le sang qui tombait d’une de ses mains divines, j’éprouvais une grande peine en pensant que ce sang tombait à terre sans que personne ne s’empresse de le recueillir, et je résolus de me tenir en esprit au pied de la croix pour recevoir la Divine rosée qui en découlait, comprenant qu’il me faudrait ensuite la répandre sur les âmes. »

Déposons, par le secours des saints anges, toute l’humanité dans le Cœur ouvert de Jésus en demandant qu’elle soit purifiée et renouvelée par son Précieux Sang.

2) Deuxième mystère : Jésus est déposé dans les bras de sa mère

« Après cela, Joseph d’Arimathie, un disciple de Jésus, mais qui l’était en secret par peur des juifs, demanda à Pilate d’enlever le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Joseph vint donc et enleva son corps. » (Jn 19,38)

La Tradition aime représenter Joseph d’Arimathie déposant le corps de Jésus sur les genoux de sa mère. C’est la pietà, la Vierge de Compassion, laquelle contemple au sommet de sa douleur le corps torturé de son enfant. Marie est à cet instant le sacrement, le signe visible de Dieu son Père. Pendant que le Père reçoit l’âme de son Fils, la Mère reçoit son corps. En tenant ainsi le corps de son enfant, c’est chacun de nous, et particulièrement nos frères et sœurs défunts que Marie, notre Mère, reçoit avec un maximum de respect et d’amour. Elle le dépose, la nuit tombante, dans la tombe, comme dans la crèche, en pleine nuit.

Nous confions à Notre-Dame des douleurs et à la vigilance des saints anges les tout-petits défunts morts en raison de la violence et de l’indifférence des hommes et ceux qui vont mourir de faim ou de la guerre.

3) Troisième mystère : Jésus est mis au tombeau

« Joseph d’Arimathie alla trouver Pilate et demanda le corps de Jésus. Puis il le descendit de la croix, l’enveloppa dans un linceul et le mit dans un tombeau taillé dans le roc, où personne encore n’avait été déposé. C’était le jour de la préparation de la fête, et déjà brillaient les lumières du Sabbat. » ( Lc 23, 52-54)

De même qu’un Joseph de Nazareth a couché Jésus nouveau-né dans la crèche, un autre Joseph, d’Arimathie, va coucher Jésus mort de la crucifixion dans le tombeau et l’envelopper d’un linceul. Il est d’un grand courage en demandant ce corps très saint pour éviter qu’il ne soit jeté dans une fosse commune. Il lui offre sa tombe.

C’est encore dans un jardin, comme pour nous rappeler que jésus, par sa passion, est venu rouvrir les portes fermées du jardin du Paradis. Le soleil baisse rapidement, la première étoile du Sabbat va briller : c’est en toute hâte qu’il faut embaumer le corps et l’ensevelir. Nicodème arrive avec une énorme quantité de myrrhe et d’aloès, digne d’un Roi : cinquante kilos déversés d’un seul coup sur le linceul et autour du corps. Ce corps enfin se repose : après trente-trois ans de labeur, trente-trois heures de Passion, voici trente-trois heures de sommeil ! C’est le Sabbat, où Dieu se reposa le septième jour de tout son ouvrage. (Heb 4,4)

La pierre est roulée, les anges pleurent, chacun rentre en hâte traumatisé et atterré. Confions à la prière de l’Eglise en ce jour tous les grands malades et implorons pour que vienne la paix dans les cœurs et dans le monde.

4) Quatrième mystère : la descente aux enfers

« Tu t’es endormi au tombeau, ô Christ, d’un sommeil fécond et vivifiant, et tu as tiré le genre humain du lourd sommeil du péché. » (Matines du samedi Saint.)

« Les enfers », qui sont différents de l’enfer de la damnation constituaient la situation de tous ceux qui étaient morts avant le Christ. Avec son âme, unie à sa Personne Divine, Jésus escorté par les anges, a rejoint dans les enfers les justes, et en particulier saint Joseph qui attendaient leur Rédempteur pour pouvoir enfin accéder à la vision de Dieu. Ayant vaincu la mort, le Christ a libéré les justes en attente du rédempteur et leur a ouvert les Portes du Ciel.

De Benoît XVI : la descente aux enfers nous rappelle que la Révélation de Dieu ne comprend pas seulement la Parole de Dieu mais aussi son silence … où Dieu se tait et disparait dans l’obscurité. Faut-il s’étonner que l’Eglise, que la vie de chacun d’entre-nous soient amenées à passer toujours par cette heure de silence, par cet article de la foi, oublié et ignoré : il est descendu aux enfers ? »

Prions Notre-Dame de l’Espérance pour ceux de nos contemporains qui « marchent dans les ténèbres sans savoir où ils vont » (Jn 12,35), pour la conversion de nos sociétés qui oublient, abandonnent ou rejettent Dieu, pour tous ceux et celles qui choisissent un chemin de mort.

5) Cinquième mystère : vivre l’espérance avec Marie

« Marie gardait tous ces évènements et les repassait dans son cœur » (Lc 2,19)

Le dernier mot sera prononcé par l’Amour qui est plus fort que la mort : « si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » ( Jn 12,24)

Avec la mise au tombeau, l’Eglise commence la veillée du samedi saint. Marie conserve et médite au fond de son cœur la Passion de son Fils. Les disciples se rassemblent, en se cachant au Cénacle, jusqu’à ce que le Sabbat soit passé. Cette veillée s’achèvera avec la rencontre avec le Ressuscité près du tombeau vide, avec le témoignage des anges proclamant sa résurrection. Le tombeau vide est le signe de la victoire définitive de la vérité sur le mensonge, du bien sur le mal, de la miséricorde sur le péché, de la vie sur la mort. Le tombeau vide est le signe de l’espérance qui ne déçoit pas. (Rm 5,5)

Prions la Vierge de l’Espérance de nous affermir dans la foi. Prions pour le renouveau de l’Eglise et pour que se multiplient les vocations sacerdotales et religieuses, les catéchumènes et les chemins de conversion. Prions pour l’unité de l’Eglise.